21 janvier…

•22/01/2012 • 3 Commentaires

C’est le jour anniversaire de la Boule à Louis, le seizième. Comme il l’a perdue il y a 219 ans et que certains s’en attristent encore, de notre côté, ça nous aurait bien tiré un petit sourire sauf que l’on a appris le décès d’une sacrée nana.

La diva est partie alors un petit clin d’oeil s’impose…

Duca, la fin…

•15/01/2012 • 4 Commentaires

Dernier volet de la série que l’écrivain italien Giorgio Scerbanenco a consacrée à Duca Lamberti, un médecin radié de l’Ordre et qui est devenu enquêteur pour la police de Milan, Les Milanais tuent le samedi concentre toutes les qualités génériques et la force de construction romanesque que l’on avait déjà constatées.

Amanzio Berzaghi, un veuf d’une soixantaine d’années, est au désespoir. Voilà plusieurs mois qu’il a signalé la disparition mystérieuse de Donatella, sa fille de 28 ans, et personne à la police milanaise ne lui répond de manière convaincante. Duca, qui le rencontre pour la première fois, signale au père désespéré qu’à cet âge-là, on peut estimer que la demoiselle a tout simplement décidé de prendre son envol et qu’il s’agit certainement d’une fugue à caractère amoureux. Berzaghi précise alors à l’enquêteur que Donatella est une enfant dans un corps de femme. Elle est mentalement fortement handicapée et jamais, d’après lui, elle n’aurait quitté le nid familial tant celui-ci constituait l’unique univers au sein duquel elle pouvait évoluer à sa guise. Lamberti fait alors parler cet homme, avec patience, tact et perspicacité. Et il obtient une information qui pourra se révéler être, sinon une piste, du moins un élément sérieux à prendre en compte: Donatella regardait avec insistance les hommes les rares fois où elle s’aventurait – toujours accompagnée – à l’extérieur de l’appartement paternel; lieu que l’on perçoit alors comme une prison dorée malheureusement, aux yeux du père en tout cas, nécessaire à la protection de cette « femme-enfant ».

Convaincu que Donatella a été victime d’individus qui font du sexe tarifé un commerce très lucratif, Duca va sonder les bas-fonds d’un milieu sordide et libidineux avec d’autant plus de pugnacité que le corps calciné de la jeune femme va être rapidement retrouvé…

 

Avec ce dernier tome qui ne devait pas être le dernier à l’origine mais que la vie -ou plutôt la mort qui a saisi Scerbanenco- a inscrit comme tel, l’auteur ne nous épargne rien…

Loin de tout pathos dégoulinant de larmes, il nous entraîne dans un univers où les femmes ne constituent que des objets, où les dérives et autres perversions sexuelles sont assouvies, à condition que l’on possède de quoi se les payer, où les lupanars sont tolérés car, finalement, ils sont un pan d’une économie, parallèle certes, mais terriblement juteux.

Avec ce roman qui fait suite à trois autres volumes qui ne respiraient pourtant pas l’optimisme tant on avait cherché, un peu en vain, une once d’espoir dans leurs pages, l’Italien va à l’essentiel de l’abjection. Maquereaux, femmes ou hommes prêts à tout pour en croquer, ignobles au point de balancer complices ou connaissances si cela peut soulager une part de leur conscience qu’ils n’ont, en outre, jamais mauvaise, trop obnubilés qu’ils sont par la satisfaction immédiate de leurs bas instincts, petites frappes se rêvant caïd, prostituées au bord d’un suicide qui constitue la solution ultime pour sortir de l’impasse qu’est devenue leur vie brisée, peuplent ce roman désespéré.

A côté, il reste un père, déjà peu épargné par la vie, usé, malheureux par la perte du dernier être qui comptait pour lui – et réciproquement. Un père qui va trouver des dernières forces, des ultimes ressources pour comprendre, pour savoir. Les chapitres de fin, cauchemardesques, lui apporteront de bien inutiles réponses. Et d’autres problèmes. Evidemment

Mais, car il faut aussi le souligner, Scerbanenco, malgré toute la rage sourde qui l’étreint, ouvre quelques portes plus claires. A commencer par celle qui permet à Duca, via Livia, d’entrevoir des jours meilleurs que l’on ne peut qu’imaginer puisque les ultimes pages le seront vraiment. Définitivement…

Doit-on encore, une nouvelle fois, tenter de convaincre qu’il faut lire Scerbanenco? Assurément car en faire l’économie, c’est se priver d’un chaînon essentiel de la littérature noire. Tout simplement.

 

Les Milanais tuent le samedi (I Milanesi ammazzano al sabato, 1969) de Giorgio Scerbanenco (trad. Laurent Lombard), Rivages Noir (2011), 205 pages

Informations…

•14/01/2012 • Laisser un commentaire

et explications…

Quelques blocages et autres contretemps ralentissent l’alimentation de ce blog. Les lectures effectuées s’empilent, les livres en attente également. Mais comme promis, on réserve un sort au dernier volume de la tétralogie Duca Lamberti de Scerbanenco, au très convaincant Recluses de Séverine Chevalier. Entre autres et en priorité.

Cependant, comme chaque année, la dernière semaine de janvier nous propose le deuxième festival de cinéma après Cannes -en termes de fréquentation- et le premier du monde de sa catégorie -ceci dit sans aucun chauvinisme idiot et dépassé. 

Le 34 ème festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand, c’est 59 films dans la compétition nationale, 77 dans la compétition internationale et 34 dans la catégorie Labo. On trouvera toutes les informations pratiques sur le site -très précis et bien fait- du festival lui-même:http://www.clermont-filmfest.com/index.php?lang=1.

On essaiera de rendre compte de ce qui se passera lors de cette très longue semaine bien remplie…

Requiem pour un monde…

•03/01/2012 • 10 Commentaires

A l’Euroscepticisme à l’Ouest, étant donné le contexte actuel, Thierry Marignac répond, de son côté, par un Eurocataclysme à l’Est, tant l’Orient du vieux continent n’a jamais mieux correspondu à un Milieu Hostile qu’aujourdhui.

On retrouve Dessaignes, le héros désabusé de Renegade Boxing Club, qui a quitté la Ville Noire et Big Steve pour les hauteurs de Sébastopol afin de rejoindre la ténébreuse infirmière qu’il avait connue à Moscou. Ici, dans la chaleur étouffante de Crimée, il s’attelle à des tâches toutes manuelles et physiques pour le compte de sa Belle: il retape, tout simplement, une maison.

Les jours s’écoulent sur les bords de la Mer Noire, entre les attitudes insupportables d’une maîtresse bien acariâtre, les descentes au centre d’une ville, théâtre de tous les jeux géopolitiques entre Ukrainiens et Russes qui se débattent dans un complexe enchevêtrement d’intérêts contradictoires afin de s’affirmer en tant que puissance dominante, et, bien sûr, les petits arrangements des citoyens lambda, brinquebalés entre instinct de survie et volonté de devenir un potentat dans ce coin abandonné du continent.

Comme à son habitude, car tel est son caractère, Dessaignes fait avec mais ne se laisse pas nécessairement aller. C’est alors qu’il reçoit un appel de Vilnius. Une vieille connaissance, Loutrel, qui travaille pour l’Alliance, un groupement d’ONG, a besoin de lui: il doit d’urgence se rendre à Kiev et, à partir de là, recevra des instructions plus précises.

Dessaignes, aussi fauché que prêt à se sortir d’une torpeur qui l’étreint à l’image de la touffeur qui s’abat sur la ville portuaire, va donc partir pour un nouveau voyage en direction du Nord cette fois. Un long voyage en guise d’errance, de coups-fourrés, de mauvaises rencontres et de malversations plus ou moins complexes…

Surtout qu’il est bien loin de s’imaginer que Pierre-Henry et Jean-Charles, deux vieux compagnons de jeunesse travaillant désormais pour les laboratoires pharmaceutiques Heinz, se cachent, en réalité, derrière la mission que lui a confiée Loutrel…

Thierry Marignac ne choisit pas, comme à son habitude, la facilité. Par une intrigue éclatée en de nombreuses ramifications qui finiront, évidemment, par prendre sens au fur et à mesure que l’on suit son héros, mais aussi ses “amis” lors des chapitres qui leur sont consacrés, le romancier avance pas à pas, distillant par touches subtiles -notamment par une syntaxe qui s’étire en appositions traduisant des impressions fortes se dégageant de ce que l’on appellera « son tableau »- les tenants et les aboutissants d’une histoire qui touche autant à l’aventure personnelle qu’à la description d’un monde effrayant où les anciens apparatchiks de l’Ogre Soviétique ont bien su, eux, s’adapter à la nouvelle donne.

Tableau d’un pessimisme lucide et sans espoir, Milieu hostile ne se contente pas de dresser un état des lieux d’une Europe orientale, de la Mer Noire aux Pays baltes, livrée aux affres d’une déliquescence sordide et aux conflits d’intérêts de nations, petites ou grandes, dominantes ou émergentes, engluées dans un libéralisme sauvage perçu comme la panacée du fonctionnement du monde moderne.

En effet, si petites gens pourries comme flics corrompus peuplent le roman de Thierry Marignac, ce dernier semble pointer du doigt une sorte de décadence qui se fait, à la fois, sociale et morale, individuelle et collective. Ainsi, par delà les intérêts et les envies de personnages que tout oppose, on réalise, en fin de compte, que tout cela participe d’un même mouvement. Les Sang-Bleu, derniers avatars d’une noblesse d’Empire, anciens officiers de renseignement de la République aujourd’hui reconvertis dans les services de sécurité de consortium pharmaceutiques privés, se dirigent, pour ainsi dire, vers une sorte de néant existentiel, un vide où plus rien ne compte que la satisfaction immédiate de désirs plus ou moins avouables.

En fait, Marignac compose un requiem. Pour un monde, pour des hommes, pour des amis.

Cependant, on ferait un contresens des plus grossiers si on lui attribuait une quelconque intention de dénonciation abrupte, voire lourdaude, de ce marasme. Il n’est pas là pour cela. Et, de toute façon, les faits, les scènes comme les descriptions parlent d’elles-mêmes. Le lecteur n’est pas prié, voire convoqué, de prendre parti. Il se fera une idée tout seul de ce qui se joue ici, en arrière-plan d’un roman qui ne revendique que cette seule chose: Etre perçu comme une oeuvre littéraire, certes exigeante, mais uniquement comme cela.

ps: Merci à l’auteur pour l’envoi de ce roman

Milieu hostile de Thierry Marignac, Editions Baleine (2011), 279 pages

Vite fait…

•01/01/2012 • 6 Commentaires

car je ne veux pas passer pour plus malpoli que je ne suis…

En espérant que certaines choses changent, que la vie apporte aussi de bons moments…

En tout cas, ici, on continue et ça va s’agacer sec cette année….

Pas eu le temps…

•25/12/2011 • 4 Commentaires

d’écrire mes papiers sur Scerbanenco, Séverine Chevalier ou encore Jérôme Leroy.

Pas eu le temps de reprendre et de peaufiner mon post sur Marignac.

Ce sera pour la dernière semaine de l’année.

En attendant, Joyeux Noël…

En v’là encore…

•22/12/2011 • 2 Commentaires

Devant les réactions enthousiastes et débridées de certains d’entre vous face à la haute performance du danseur engagé par les Black Keys, notamment Holden qui n’en peut mais, voilà donc une deuxième vidéo à forte tendance chorégraphique…

Le regretté Ian Dury rend un bel hommage au non moins regretté Gene Vincent. Une belle captation réalisée par la BBC.

Ca commence sur un gentil rythme avant de se déchaîner. On attirera l’attention de chacun sur l’apparition du kangourou de Canvey vers les 2min30

Et demain…Surprise…

Si on dansait???

•19/12/2011 • 10 Commentaires

Les fêtes approchant à une vitesse proche de la lumière, il m’a semblé important de vous donner quelques conseils pour vous démarquer à l’occasion de vos soirées de Réveillons…

Face à l’ignoble “danse des canards” ou autre “Big Bisou” du regretté fils d’une psychanalyste spécialiste de l’enfance, j’estime que vous méritez bien mieux que ces déhanchements convenus et, il faut bien se l’avouer, terriblement surannés.

Pour briller en famille ou en société, on peut allier l’élégance, le bon goût et la technique sans omettre une bonne dose d’humour.

Je vous convie donc à tous travailler cette chorégraphie basée sur le premier titre du dernier album des fabuleux Black Keys:

 

ATTENTION: cette vidéo présente un son et des images addictives…

Enfants maltraitants…

•16/12/2011 • 5 Commentaires

Rivages a entrepris de retraduire les quatre volumes que Giorgio Scerbanenco avait consacrés, au milieu des années 60, à son enquêteur Duca Lamberti. L’an dernier, les deux premiers volumes étaient parus en même temps. Cette année, voici donc les deux derniers.

Les enfants du massacre, puisque c’est de ce titre qu’il s’agit, commencent par une vision dantesque. Une jeune enseignante a été torturée, violée et tuée sauvagement en pleine salle de classe par ses onze élèves. Duca, flanqué de Mascaranti, un flic bourru qui le seconde, se rend sur les lieux du drame à la suite du décès à l’hôpital de la professeur. La scène du crime, soigneusement circonscrite par les services de la police scientifique, présente de nombreux indices éloquents: les pièces à conviction ont été classées, identifiées, répertoriées. Duca a juste besoin de visualiser les choses afin de décider de la tactique à adopter face à ces onze adolescents qui, s’ils rejettent la responsabilité sur les autres, ne sont pas prêts à lâcher le nom du ou des coupables. Il s’agit donc de trouver le moyen de les faire parler.

Opiniâtre et décidé, Duca va passer une nuit entière à interroger chacun de ces jeunes, usant de fermeté ou de douceur calculée, aidé dans sa tâche par un accessoire des plus atypiques, tout en gardant à l’esprit que la moindre violence à l’encontre des gardés-à-vue ruinerait tout espoir de faire la lumière sur ce crime horrible.

Patient, rusé et conscient qu’il n’a qu’une nuit devant lui pour les faire parler, Lamberti va aller jusqu’à occulter un propre drame personnel qui se joue à quelques rues de là.

S’adjoignant les services de son amie Livia, rencontrée lors de Vénus Privée, il va alors passer en revue les connaissances, les familles comme les travailleurs sociaux qui ont été en contact avec ces jeunes.

Car, et il en est désormais persuadé, ces gamins, aussi ignobles qu’ils lui paraissent, n’ont pas imaginé un telle mise en scène morbide.

Petit à petit, à la faveur de ses recherches, de ses rencontres, de ses conversations avec les proches, ou moins proches, des tueurs, Duca va attendre la lumière qui tel un phare devra le guider vers une vérité dont il sait qu’elle est bien plus complexe, et par là-même horrible, que cette sauvagerie barbare qui a sonné le glas de l’existence de cette enseignante dévouée.

Scerbanenco nous livre une oeuvre d’une noirceur totale bercée par un sentiment d’une infinie tristesse comme en témoignent ces conversations avec ces parents qui sont d’abord des adultes en souffrance pour certains ou cette  assistante sociale qui a, malgré tout, cherché ce qu’il y avait de bon chez ces adolescents. En vain…

De plus, on s’enfonce avec Lamberti au sein de quartiers du vieux Milan comme on pénétrerait dans un monde pas encore mort mais plus tout à fait vivant. Cependant, si la mélancolie s’installe, on ne perçoit jamais la moindre nostalgie pour un avant meilleur qui n’a, en aucun cas, au préalable existé.

Servi par une écriture précise et tranchante, l’auteur construit un scénario implacable, minutieux, où  la parole des uns et des autres se libère petit à petit, et qui atteindra des sommets lors du récit final qui racontera ce qui s’est passé exactement dans cette salle de classe funeste.

Si Lamberti, et par là-même, selon nous, Scerbanenco, se montre des plus ambigu, notamment par ses prises de position sur la peine de mort, ses théories sur la psychologie humaine un peu abruptes et contestables, il y a de la nuance qui surgit de ce roman, un peu comme ces lumières qui percent timidement à travers ce brouillard épais qui recouvre Milan à la période de l’année où se déroule l’action.

En effet, si l’homophobie déjà présente lors des précédents volumes se retrouve ici, on ressent plus, sinon de la compassion, du moins de la compréhension pour ceux qu’on n’appelait pas encore « gays » dans ces Enfants du massacre.

Evidemment, si on réduit sa propre lecture à une lecture morale, si on examine cette oeuvre par le seul prisme de l’idéologie, on risque de ne pas adhérer, voire même de la rejeter en bloc.

Par contre, si on la lit comme une oeuvre moins manichéenne qu’il n’y paraît, si on lui accorde que des contrepoints existent, que derrière des paroles tranchées se cachent des pensées ou des sentiments plus complexes, on ne peut que reconnaître que l’on tient là une oeuvre noire magistrale et de très haute tenue.

ps: Une adaptation cinématographique de même nom a été réalisée en 1969.

pps: Vénus Privée et Ils nous trahiront tous sont chroniqués ici.

Les enfants du massacre (I ragazzi del massacro, 1968 ) de Giorgio Scerbanenco (trad. Gérard Lecas), Rivages Noir (2011), 254 pages

A Brou de souffle…

•12/12/2011 • 10 Commentaires

Avant de parler de lectures « noires sombres et profondes », un petit passage par le club de strip-tease Viandes et Légumes s’impose…

Galaad Corentin vient d’hériter de l’établissement en question suite à la mort violente et non-naturelle de son frère Arthur. Il laisse donc tomber son boulot dans le bâtiment, débarque dans la petite ville de Brou, Eure-et-Loir, bien décidé à se lancer dans une nouvelle vie. Conscient des difficultés qui peuvent se faire jour, il s’adjoint les services de Teddy, un barman parisien de ses connaissances, ainsi que deux gros bras que ce dernier va chaudement lui recommander. Seulement qui dit club de strip-tease dit strip-teaseuse et, avec le drame qui n’a pas uniquement emporté Arthur et la concurrence rude imposée par Demetrius Janus, une sorte de caïd local dont on devine très vite qu’il n’est pas uniquement doué pour les bons mots, les filles ont déserté l’endroit.

Qu’importe, Galaad tente sa chance par le biais d’une annonce et décroche trois perles rares qui vont venir ranimer les nuits de Brou.

Tout se présenterait sous les meilleurs auspices si un certain Moulin, ami proche d’un Janus avec qui il semble également en affaire, ne venait menacer Galaad: Arthur possédait une mallette qui leur appartenait et si son « héritier » ne la restitue pas, il lui faudra payer. Et régulièrement.

Ni impressionné par les menaces de ses douteux notables, ni par les intimidations, des forces de l’ordre ou du désordre, à l’image de cette bande de motards bien décidés à détruire son affaire, Galaad va s’accrocher d’autant qu’il est persuadé que Janus et Moulin sont liés au meurtre de son frère….

 

Dialogues souvent hilarants, scènes d’action survitaminées, enchaînements rapides des péripéties, Guillaume Gonzales nous délivre là un bon petit polar nerveux et, il faut bien le reconnaître, sacrément bien écrit.

La construction est pleine d’imagination, les personnages souvent typés sans tomber dans la franche caricature, les situations cocasses ou, à l’inverse, effrayantes ou poignantes. Pas forcément évident d’imprimer à un ensemble a priori disparate, une homogénéité tout à fait convaincante et, pourtant, l’auteur y est très largement parvenu.

En outre, si Galaad, personnage principal et narrateur de ce drame eurélien, peut toucher lorsqu’il recherche une forme de rachat à travers la relation qu’il va nouer avec Naïma, il peut aussi amuser, attirer la compassion ou, même, choquer par une intransigeance terrible dont il semble faire preuve vis-à-vis de son ex qui lui a préféré son patron d’alors.

Très à l’aise dans les épisodes que je qualifierais de « plus tendus », à l’image d’une séquestration subie par le héros ou de la découverte du contenu de la mallette tant convoitée, Gonzales ne force pas son écriture et ne la fait jamais basculer du côté de la complaisance malsaine face à l’horrible.

Souvent pertinent et particulièrement évocateur dans les pages consacrées aux cauchemars de Galaad, on pressent chez lui un potentiel intéressant. Voire peut-être plus…

Finalement, sans prétention ni ambition démesurée, l’auteur a réussi à nous emmener là où il le désirait. Au bout de son drôle de voyage sans encombre et avec plaisir.

ps: Merci à Kyklos Editions et à Holden pour l’envoi de ce roman

Viandes et légumes de Guillaume Gonzales, Kyklos éditions (2011), 271 pages

 
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